Construire votre réseau de références (2/3)

Billet sur le thème de la réputation professionnelle sur Internet en 3 parties, vous lisez la partie 2 – Partie 1Partie 3

Je terminais mon précédent billet en indiquant que vos références professionnelles étaient un atout non seulement dans le cadre d’une recherche d’emploi, mais surtout dans le cadre de votre carrière.

J’espère que ce billet vous aidera à prendre conscience de l’utilité de transformer vos références en un véritable réseau : un réseau de références.

Un réseau de références est très différent de votre réseau de contacts. Il est donc important de construire 2 réseaux :

1. Votre réseau de contacts

Il s’agit de votre carnet d’adresses : toutes les personnes avec qui vous avez été en contact au moins une fois en face à face ou en virtuel. Ce réseau vous permettra de retrouver vos références et d’obtenir des mises en relation pour trouver un emploi, des clients, des experts ou des partenaires.

2. Votre réseau de références

Il s’agit de votre réseau de références sociales et professionnelles, qu’on pourrait aussi appeler votre réseau de confiance. Ce réseau vous aidera pour booster votre carrière au sein de l’entreprise dans laquelle vous travaillez actuellement, mais aussi bien sûr pour une future recherche d’emploi.

Il est facile de comprendre ce qu’est un réseau de contacts. Par contre, un réseau de confiance regroupant vos références, c’est moins évident !

I. Qu’est-ce qu’un réseau de références ?

Tout au long de notre vie, nous vivons et travaillons avec de nombreuses personnes avec qui nous construisons des relations de confiance. Du fait de notre mobilité (changement de ville, de pays, de travail,….), notre entourage se recompose régulièrement. Lorsqu’on rencontre une nouvelle personne, que ce soit un voisin, un collègue ou son nouveau manager, on repart à zéro en termes de confiance mutuelle. Il faudra plusieurs mois ou plusieurs années pour recréer ses liens de confiance. Aujourd’hui, nos relations de confiance sont donc implicites car il n’existe pas d’espace pour les décrire explicitement. Elles sont invisibles car seule la personne qui nous fait confiance sait qu’elle nous fait confiance. Il est donc nécessaire d’expliciter et de rendre visible la confiance qu’on vous porte.

La preuve de l’efficacité des réseaux sociaux n’est plus à faire. Vous appartenez à de nombreux réseaux sociaux à travers votre famille, vos amis, vos anciens camarades d’école, vos anciens collègues d’entreprise ou vos relations associatives (politique, culturelle, sportive, religieuse,…). Mais vous avez aussi un réseau bien plus important que les autres. Il s’agit de votre réseau de références qui est transversal à tous ces réseaux et qui est constitué de l’ensemble de vos références sociales et professionnelles. Ce réseau est informel et invisible, mais il existe ! Il est donc nécessaire de le rendre visible à travers des recommandations, afin de le faire connaître aux personnes dont vous avez besoin pour booster votre vie professionnelle (prospects, recruteurs, managers,…).

Toutes les personnes que vous connaissez peuvent potentiellement faire partie de votre réseau de références. Il s’agit de vos managers, vos collaborateurs, vos collègues, vos clients, fournisseurs ou partenaires. Vous pouvez également inclure vos professeurs si vous êtes jeunes diplômés ainsi que toutes vos références sociales (amis, associations/réseaux, lecteurs de votre blog,…).

Vos références sociales sont toutes les personnes de votre entourage qui peuvent apporter un éclairage sur vos qualités humaines, vos valeurs ou votre expertise dans un cadre social. Cet éclairage peut avoir une grande valeur ajoutée dans un cadre professionnel. Vos références sociales ont pour vocation de montrer des facettes de votre potentiel qui n’ont pas forcément pu s’exprimer dans votre parcours professionnel. Par exemple : votre créativité, vos expertises cachées, vos qualités de leaders au sein d’une équipe de sport, vos talents artistiques, … Ces éléments sont souvent invisibles ou perdus dans la rubrique “Divers” de votre CV. Ils ne sont pas mis en valeur. Il est temps de les remettre à l’honneur ! On vous enferme dans une voie qui ne vous convient plus, utilisez votre réseau de références sociales pour en sortir.

II. Qui peut faire partie de mon réseau de références ?

Reprenez votre CV pour vous aider à identifier les personnes qui peuvent faire partie de votre réseau de références.

– Pour chaque fonction occupée au sein d’une organisation, identifier toutes les personnes qui peuvent potentiellement faire partie de votre réseau : vos managers, vos collaborateurs, vos collègues, vos clients, fournisseurs ou partenaires.

– Pour chaque activité extra-professionnelle, au sein d’une association par exemple, identifier les personnes qui peuvent apporter un éclairage sur vos compétences ou qualités humaines, ainsi que sur la façon dont vous avez exercé vos fonctions (en particulier au sein d’une association).

Vous avez perdu vos références ? Facile de trouver ceux qui travaillent encore avec vous, mais quid de ceux qui ne travaillent plus avec vous ? Vous postulez pour un poste que vous avez déjà occupé dans le passé, mais impossible de contacter ce manager qui pourrait si bien soutenir votre candidature avec une recommandation. Votre manager actuel n’est pas en mesure de vous évaluer sur ce type de poste, vous êtes coincé.

Faites-vous partie de tous ces professionnels qui perdent leurs références avec le temps ? Si c’est le cas, il est temps de réagir !

Pour retrouver vos références, voici quelques pistes :

– Les moteurs de recherche ou annuaires de personnes : CV 2.0, Spock, Ziki, Ziggs, Zoominfo, Wink, Yoname ou Naymz.

– Les réseaux sociaux : Facebook, Copainsdavant, Viadeo, Linkedin, 6nergies, Tribe ou Ecademy

– Les annuaires classiques type pages blanches, mais peu efficace si vous ne connaissez pas au moins la ville de résidence actuelle.

– Les moteurs généralistes type Google : tapez le « prénom nom » de la personne que vous cherchez entre guillemets. S’il a trop de résultats, ajoutez des éléments distinctifs dans votre requête : école, entreprise,… Pour trouver son e-mail, tapez le « prénom nom mail » ou « prénom nom @ » (cela permet d’afficher uniquement les pages sur lesquelles figurent des e-mails).

En théorie, tout votre entourage professionnel peut faire partie de votre réseau de références. Mais, vous n’avez pas confiance en tout le monde et inversement. Il est donc nécessaire de définir une sphère de confiance !

III. Savoir définir une sphère de confiance, un contexte de confiance

Je reprends ici un extrait de mon billet sur la vie numérique : Vous pouvez avoir confiance dans une personne pour faire certaines choses, mais pas pour d’autres. Un pilote de Formule 1 est a priori une personne digne de confiance pour piloter une voiture de course. Mais est-ce que vous lui proposeriez de construire votre maison ? Une personne n’est pas digne de confiance dans l’absolu, mais dans un contexte. Pour chaque personne de votre réseau de références, vous devez définir un “contexte de confiance” (une “sphère de confiance”) sur les fonctions occupées, les compétences vérifiées et les qualités humaines observées. Dire que vous avez confiance dans une personne, c’est préciser le contexte dans lequel vous avez confiance en elle.
Par exemple, voici comment Jacques pourrait définir un contexte de confiance vis-à-vis de son collègue Martin (ce qui est dans la sphère de confiance et ce qui est à l’extérieur) :

– Jacques a confiance en Martin pour le management d’une équipe, le marketing et pour sa créativité (fonctions, compétences, qualités humaines à l’intérieur de la sphère de confiance de Jacques concernant Martin)

– Jacques ne sait pas s’il peut avoir confiance en Martin pour gérer un projet, la maintenance des systèmes informatiques et sa fidélité envers l’entreprise (à l’extérieur de la sphère de confiance de Jacques)

– Jacques n’a pas confiance en Martin pour la gestion de l’innovation, la comptabilité et sa ponctualité (à l’extérieur de la sphère de confiance de Jacques)

En résumé :
Mon réseau de références ou réseau de confiance = Ceux en qui j’ai confiance et qui ont confiance en moi (confiance mutuelle).
A l’intérieur de ce réseau, pour chaque personne, une sphère de confiance est définie. Cette sphère de confiance peut inclure des fonctions, expertises, compétences et qualités humaines. Il s’agit des éléments sur lesquels vous accordez votre confiance à une personne de votre réseau. Ces éléments seront décrits à travers les recommandations de vos références, soit orales (lors d’interviews avec des recruteurs) ou écrites (lettres de recommandation). A l’inverse, à l’extérieur de la sphère de confiance, vous n’êtes pas à l’aise pour dire que vous avez confiance dans cette personne.

De nombreux outils existent sur Internet pour construire vos réseaux (contacts et références). Internet est un réseau et les réseaux sociaux en sont un prolongement naturel. Dans le prochain billet, je vous présenterai les outils généralistes (Linkedin, Viadeo, 6nergies,…) et les outils spécialisés dans la gestion de vos références et de vos recommandations (CV 2.0, Repvine, Naymz,…). A suivre !

Billet sur le thème de la réputation professionnelle sur Internet en 3 parties, vous lisez la partie 2 – Partie 1Partie 3

Author: Olivier Zara

www.olivier-zara.com

5 thoughts on “Construire votre réseau de références (2/3)”

  1. La question du réseau à l’intérieur de l’entreprise est très intéressante.

    Si on respecte les règles que tu poses tout va bien. Mais il suffit qu’une et une seule personne les néglige pour que tout parte de travers.

    Je m’explique : refuser une demande de connexion a des implications lourdes au sein d’une organisation même si la règle est fondée au regard des bonnes pratiques. Que se passe-t-il si je refuse une personne au motif que je la connais à peine ou alors que je n’ai pas (pas encore…) développé une relation de confiance avec elle.

    Avec le risque de tous finir dans le réseau de tout le monde, voire de répliquer purement et simplement l’organigramme alors qu’on sait tous qu’il y a un fossé entre l’entreprise “réelle” et sa structure objective.

    L’idéal serait non pas un réseau déclaré mais un réseau constaté au regard des intéractions mesurées entre les personnes : qui écrit à qui, qui lit (et lie) qui dans le cadre d’outils orientés social computing, qui traite des mêmes sujets que moi….

    Plus dur à mettre en place mais plus de valeur ajoutée non ?

  2. Ce billet et ce blog est destiné aux particuliers. Le début de ton commentaire “réseau à l’intérieur de l’entreprise” me laisse penser que je me suis mal exprimé. A court terme, je n’ai pas l’intention d’aborder la question de la gestion de la réputation au sein d’une entreprise ou la question de la réputation numérique d’une organisation. Des prestataires de service proposent déjà des blogs sur le sujet. J’essaye d’apporter un éclairage dans une perspective individuelle.

    Cela dit, je me dois de répondre à ta question 😉 Alors, pour ne pas assommer le lecteur avec un copier coller du très très long message que je t’ai envoyé par e-mail, voici ma réponse courte :

    – Un réseau de références est par essence un réseau privé dans le sens où il est de la responsabilité de l’individu et non d’une organisation. Une entreprise peut encourager ses employés à créer et gérer leur réseau de références comme elle peut les encourager à avoir des profils sur Linkedin et Facebook. Mais, elle ne peut ni l’imposer, ni l’organiser.

    – Il ne s’agit pas de construire un réseau interne à l’entreprise mais un réseau interne à notre carrière professionnelle et à notre vie sociale.

    – De fait, le réseau de références d’un individu ne peut pas être limité à l’organisation dans laquelle il travaille actuellement puisqu’il a travaillé ou travaillera dans de nombreuses organisations.

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