[Ce billet écrit le 22 juillet 2010 a été mis à jour (ré-écrit) le 11 septembre 2010 pour intégrer les commentaires des lecteurs et la réponse officielle de Viadeo. Par ailleurs, j'ai ajouté 2 mises à jour en fin de billet et une nouvelle introduction en italique au début]

En deux mots : Viadeo truquent les chiffres concernant le nombre de ses utilisateurs pour pouvoir les gonfler (de 4,5 millions à 32 millions soit 27,5 millions d’utilisateurs en plus). Le nombre d’utilisateurs sur Viadeo sont truqués ET gonflés. Les utilisateurs sont trompés. Ce billet démontre cette fraude marketing honteuse pour ses dirigeants, pour l’image de marque de l’écosystème Web 2.0 et pour la France.

Le groupe VIADEO regroupe différentes entreprises. Sur le site de Unyk (gestion de carnet d’adresses), Viadeo annonce 30 millions d’utilisateurs. Sur le site de Viadeo, on lit également 30 millions d’utilisateurs. Sur le site ApnaCircle (site de networking indien), Viadeo annonce aussi 30 millions d’utilisateurs. Le groupe Viadeo a donc une base de 90 millions d’utilisateurs voire beaucoup plus si on rajoute Tianji et ICTnet. C’est plus que Linkedin ! Pourquoi tant de modestie ? Soit il y a 90 millions d’utilisateurs au niveau du groupe, soit les dirigeants de Viadeo sont des imposteurs qui cherchent à tromper les visiteurs de leurs services sur le nombre réel d’utilisateurs sur chaque service. En fait, le groupe VIADEO, une entité quasi inconnue du grand public, compte 30 millions d’utilisateurs répartis sur divers services non connectés et pour l’un d’entre eux (Unyk) de nature totalement différente. Ce groupe essaye de nous faire croire que le grand public est capable de faire la différence entre Viadeo et le groupe Viadeo. On appelle ça une publicité trompeuse mais dans ce billet, j’affirme que c’est beaucoup plus et qu’il s’agit d’une fraude marketing. Je souhaite toujours faire une dernière mise à jour de ce billet annonçant la décision de Viadeo de mettre un terme à cette imposture indigne d’une grande entreprise. Je vous invite à faire suivre ce billet et à contacter les dirigeants de Viadeo pour leur demander des comptes.

La loi française interdit la publicité mensongère. Pourquoi Viadeo cherche à tromper les entreprises qui achètent ses solutions de e-recrutement corporate et ses futurs investisseurs ? Et bien, en mai 2010, Linkedin = 65 millions d’utilisateurs – Viadeo = 30 millions d’utilisateurs… bien que les chiffres ne soient pas comparables comme je l’explique dans ce billet – en fait le vrai chiffre est autour de 9 millions. En octobre 2010 (6 mois plus tard), Linkedin = 80 millions & Viadeo 32 millions. Linkedin +15 millions et Viadeo +2 millions sur la même période. C’est beau de gagner 2 millions d’utilisateurs mais les chiffres montrent que Viadeo est en perte de vitesse exponentielle. Or la masse critique est fondamentale pour la survie d’un service. Par ailleurs, sur la France uniquement, depuis un an, Médiamétrie montre que l’audience de Linkedin est en croissance tandis que celle de Viadeo stagne.

Voici l’ouverture du billet original mais ré-écrit depuis sa version initiale :

Les dirigeants de Viadeo sont-ils coupables d’une fraude marketing ou victimes d’une comparaison mensongère des journalistes et blogueurs (en particulier Techcrunch) ?

Le 11 mai 2010, Techcrunch annonce : “Viadeo passe la barre des 30 millions de membres“. Le lendemain, je publie un commentaire pour contester ce chiffre avec le secret espoir d’une réaction de Viadeo qui m’expliquerait que je n’ai rien compris. Mais depuis, silence radio ! J’ai dû mal à croire qu’ils ne font pas un suivi des commentaires sur un blog qui compte 91.000 lecteurs et qui est une référence mondiale dans le Web 2.0. Techcrunch revient à la charge aujourd’hui (22 juillet) avec un billet sur la poussée de Linkedin en Europe et maintient les chiffres. Il semble donc que Viadeo a réussi à faire gober aux journalistes et blogueurs qu’on peut comparer ses 30 millions d’utilisateurs avec les 80 millions de Linkedin. Comme vous le savez, je ne tolère pas les impostures et encore moins les imposteurs en col blanc (cf. mon billet “Faire face aux délinquants numériques” où il est question d’un vol d’identité numérique et d’un plagiat qui tournent très mal pour Fadhila Brahimi, une “blogueuse voleuse” !).

Voici mon analyse que vous pourrez utilement contester ou confirmer dans les commentaires en attendant le droit de réponse de Viadeo (Mise à jour du 1er septembre : j’ai reçu un e-mail du porte-parole de Viadeo m’indiquant qu’ils refusaient de répondre – je prends ça comme un aveu) :

Viadeo a passé la barre des 30 millions d’utilisateurs en rachetant en octobre 2009 Unyk, une société canadienne de Montréal qui propose un carnet d’adresses intelligent (Source 01Net, article de Pierre Tran). En résumé, ça ressemble à votre carnet d’adresses sur Outlook mais en mieux ! En tout cas, rien à voir avec un réseau social qui vous permet une mise en relation par tiers de confiance comme sur Linkedin, Xing ou ecademy.

Au moment du rachat d’Unyk, Viadeo compte 8,5 millions de membres au niveau mondial et Unyk compte 16 millions d’utilisateurs (dont 800 000 en France). A l’époque, Viadeo se retrouve avec une base globale de 25 millions d’utilisateurs. Ce rachat me semble très pertinent puisque c’est un bon moyen de faire de la pub pour Viadeo auprès de 16 millions de membres. Les 2 services sont complémentaires mais très  différents : annuaire Vs networking (mise en relation par tiers de confiance).

Viadeo a passé la barre des 30 millions d’utilisateurs mais Viadeo a en réalité 8,5 millions de membres qui se sont inscrits pour faire du networking et 16 millions de membres inscrits pour avoir un carnet d’adresses intelligent.

Sur Linkedin, je peux potentiellement me connecter à 80 millions de membres via des demandes de mise en relation (c’est quand même le but du service : les 6 degrés !).

Sur Viadeo, je peux me connecter potentiellement à 8,5 millions. A cela, il faut ajouter la croissance organique naturelle du service et les membres de Unyk qui vont rejoindre Viadeo ou l’ont déjà fait depuis octobre 2009 – Combien ? On n’en sait rien et je crois qu’on ne le saura plus jamais. Il faut retirer ceux qui étaient déjà inscrits à la fois sur Viadeo et Unyk… C’est comme au Scrabble, parfois le “moi” compte double donc il faut éliminer un moi quel que soit l’émoi de Viadeo. Potentiellement, rien qu’en France, c’est 800.000 personnes qui sont inscrites à la fois sur Viadeo et Unyk (j’en fais partie !).

[Il faut aussi retirer quelques milliers (ou centaines de milliers) de comptes ouvert par des entreprises (personne morale). Sur Linkedin, il y a un annuaire de personnes et un annuaire d'entreprises. Chaque utilisateur est rattaché aux entreprises dans lesquelles il a travaillé. Sur Viadeo, pour faire des économies ou par ignorance de la signification du mot "social" dans l'expression "social networking",  une entreprise peut ouvrir un compte identique à celui des individus. C'est une dangereuse dérive encouragée par Viadeo. Le but d'un service de networking, c'est la mise en relation par tiers de confiance. Quelqu'un peut-il m'expliquer l'intérêt que pourrait avoir une entreprise de me mettre en relation avec des prospects ou des recruteurs ? Mais, passons, ce n'est pas l'objet de ce billet. Je tiens simplement à souligner que même la base Viadeo n'est pas fiable puisqu'elle mélange personnes physiques et morales. C'est une imposture de plus...]

Comparer les 80 millions de membres de Linkedin avec les 30 millions de membres de Viadeo, c’est de la part de Viadeo une publicité mensongère voire une fraude marketing. Plutôt que de “mélanger” une base marketing d’e-mails (Unyk) et des vrais utilisateurs (viadeo), les dirigeants de Viadeo feraient preuve d’éthique s’ils communiquaient le nombre réel d’inscrits dans leur base, c’est-à-dire ceux que je peux ajouter à mes contacts en direct ou via des demandes de mise en relation. Ce jour-là, on pourra comparer les bases utilisateurs Linkedin et Viadeo.

Dans l’absolu, le “groupe Viadeo” a bien 30 millions de clients. Mais, si on veut comparer Linkedin et Viadeo alors il faut comparer ce qui est comparable.

Il est possible que je n’ai rien compris et que finalement Viadeo soit une entreprise honnête qui ne cherche pas à tromper ses clients. Dans ce cas, il faut me donner des explications crédibles, factuelles. Ces explications, cela consisterait par exemple à écrire noir sur blanc dans un communiqué de presse qu’en 8 mois (d’octobre 2009 à mai 2010), Viadeo a réussi à convaincre les 16 millions d’utilisateurs d’Unyk à s’inscrire sur Viadeo en particulier les 4 millions d’américains inscrits sur Unyk à l’époque du rachat. Vous y croyez à l’américain inscrit sur Linkedin, qui ne connaît pas Viadeo, se souvient à peine s’être inscrit sur Unyk et qui va migrer sur Viadeo ? Et, on ne parle pas des doublons… Viadeo refuse de répondre comme je l’indique dans la mise à jour du 1er septembre et qui ne dit mot consent.

Pierre Tran, le journaliste de 01Net cité plus haut a eu la prudence de titrer “Seize millions d’utilisateurs potentiels de plus pour la communauté Viadeo”. Oui, il s’agissait d’utilisateurs POTENTIELS qui sont devenus RÉELS quasiment tout de suite par l’opération du Saint Esprit & du Saint Marketing !

En tant qu’utilisateur de Viadeo depuis sa création, je souhaite savoir si je suis client d’une société adepte de la fraude marketing. J’écris ce billet pour que ses dirigeants m’expliquent en quoi le contenu de mon billet est erroné. Je les invite à exercer leur droit de réponse dans les commentaires.

Ou alors… Les médias sont entièrement responsables de cette comparaison mensongère et les dirigeants de Viadeo sont accusés injustement…parce qu’ils avaient bien spécifié dans leur communiqué de presse qu’on ne pouvait pas comparer les bases utilisateurs des 2 services.

Mise à jour du 23 juillet 2010

Finalement, suite aux commentaires publics et messages privés que j’ai reçus, voilà comment je comprends la stratégie de communication de Viadeo. On achète 16 millions de membres à Unyk en octobre 2009. On prévoit à l’époque d’atteindre 25 millions de membres grâce à ce rachat. On laisse passer 6 mois histoire de se faire oublier. Et puis, on lance un communiqué de presse le 11 mai 2010 qui annonce 30 millions de membres. On mise sur l’oubli du rachat de Unyk que j’avais moi-même oublié mais que Techcrunch mentionne dans le billet du 11 mai. Sans ce billet de Techcrunch, j’aurai oublié comme tout le monde le rachat de Unyk ! Je suis bien désolé de mettre les dirigeants de Viadeo dans l’embarras. Mais, le manque d’éthique est un problème qui a conduit à la crise que nous connaissons aujourd’hui. Il faut croire que rien n’a changé. Par ailleurs, c’est aussi l’image de marque de la France et des dirigeants français qui en prend un coup.

A la réflexion, je ne pense pas que Viadeo exercera un droit de réponse sur ce blog et si un journaliste leur pose la question, il aura le droit à une “construction intellectuelle” du type :  “Viadeo n’a jamais comparé sa base utilisateurs avec celle de Linkedin. On affiche simplement le nombre total de nos utilisateurs sur nos sites. Si un blogueur ou un journaliste compare nos 30 millions de membres avec les 80 millions de Linkedin : ce n’est pas de notre fait. Cela ne nous regarde pas (… mais on est très content parce que c’est exactement ce qu’on veut)”. Fermez le ban ! On vit une époque formidable. Effectivement, Viadeo ne trompe pas ses clients explicitement. Ils les trompent implicitement. Il affiche de bonne foi le nombre de ses utilisateurs. Mais, l’entreprise sait très bien que dans l’esprit du public :

1. Viadeo et Linkedin sont en compétition directe

2. Le cœur de métier de Viadeo, son image de marque, son business est le networking et non les annuaires. Son business est lié au networking d’autant plus que Unyk est un service gratuit.

Comment ne pas créer implicitement la confusion dans l’esprit du public ? Le nouvel inscrit sur Viadeo (qui vient pour faire du networking) croit qu’il s’inscrit sur un service qui compte 30 millions d’utilisateurs alors que c’est faux.

Pour terminer et rebondir sur le commentaire d’Anthony, n’est-il pas exagéré de parler de “fraude” marketing ? Ne s’agit-il pas simplement d’une simple opération de communication trompeuse ? Est-ce que rajouter 16 millions d’utilisateurs à son compteur : c’est un petit, moyen, gros ou très gros mensonge ? Est-ce qu’on parle d’un mensonge sur des centaines, des milliers, des centaines de milliers ou plusieurs millions d’utilisateurs ? Et bien, tout comme dans une élection politique, un mensonge sur plusieurs millions de bulletins de vote, dans mon esprit c’est une “fraude” et en politique on parlerait d’une fraude massive !!! C’est ma perception devant les chiffres mais je comprends que d’autres personnes trouvent ce chiffre négligeable ou que ce soit de “bonne guerre”.

Mise à jour du 1er septembre 2010

Viadeo m’informe officiellement par e-mail qu’il refuse de répondre à ma question parce que j’ai publié cette question sur la place publique au lieu de leur écrire en privé. J’avoue qu’ils ont raison mais j’étais très énervé ce jour-là et j’ai eu le sentiment que j’aurai plus de chances d’être écouté de cette façon étant donné que mon commentaire du 12 mai était resté sans réponse… et puis aujourd’hui quand un client n’est pas content, il le dit sur Twitter, Facebook, son blog,… j’ai réagi comme tout le monde finalement mais je pense que j’aurai effectivement dû d’abord communiquer en privé avec eux ! Je crois aussi me souvenir m’être dit un truc du genre : “Pourquoi perdre du temps avec un e-mail qui restera sans réponse ? En tout cas, à leur place, je ferai le mort”. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est qu’ils utiliseraient mon billet public comme un argument pour ne pas répondre.  Bon, c’est trop tard maintenant, on va pas refaire l’histoire. De toute façon, mon e-mail aurait fini dans un billet.

Voilà la question qui n’a toujours pas réponse :

Quand je suis inscrit sur Linkedin, je peux me connecter en direct ou via un tiers de confiance à 80 millions de personnes. Quand je suis sur Viadeo, je peux me connecter à …. ?

La réponse à cette question est très importante parce que la masse critique est déterminante dans le choix d’un service. Plus il y a d’utilisateurs, plus le service est pertinent (capacité augmentée à trouver un bon contact, donc un emploi, un contrat,…). Si par exemple, Pierre Dupont, inscrit sur Viadeo, ne peut se connecter qu’à 2 millions d’utilisateurs, ça peut l’encourager à migrer vers Linkedin. Il y a des enjeux business énormes derrière cette question tant pour l’avenir du service que pour sa valorisation financière.

XING compte 10 millions d’utilisateurs (2ème réseau au niveau mondial… à mon avis !) qui sont de même nature que les 80 millions d’utilisateurs de Linkedin. Voilà des chiffres comparables. Celui (journaliste, blogueur,…) qui compare les utilisateurs de VIADEO à ceux de XING ou LINKEDIN est complice d’une fraude.

De facto, VIADEO a changé de business. Il est maintenant en compétition direct avec PLAXO. Plaxo était un carnet d’adresses intelligent qui a créé des fonctions de networking (Pulse). Viadeo a fait l’inverse, il est passé du networking aux carnets d’adresses. Plaxo compte 40 millions d’utilisateurs et Viadeo est son nouveau concurrent avec 30 millions.

Cette affirmation est bien sûr : humoristique, ironique, dramatique, pathétique, psychédélique,… Viadeo joue seulement un remake 2.0 de la fable de La Fontaine de la grenouille et du boeuf… parce que Viadeo est en perte de vitesse exponentielle face à Linkedin quasiment depuis sa création.

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf.

Une grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s’étend, et s’enfle, et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur.
Disant : ” Regardez bien ma soeur;
Est-ce assez ? dites-moi; n’y suis-je point encore ?
Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout.
M’y voilà ?
Vous n’en approchez point ”
La chétive pécore.
S’enfla si bien qu’elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages:
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.

Par ailleurs et pour terminer, je suis très surpris de voir une grande entreprise du Web 2.0 qui ne s’intéresse pas aux médiaux sociaux. Cordonnier mal chaussé ? Si seulement, j’avais eu réponse à mon commentaire le 12 mai, on aurait évité un billet le 22 juillet… et le buzz négatif à suivre. Le 12 mai, les dirigeants de Viadeo avait l’opportunité de faire marche arrière et d’afficher le vrai nombre d’utilisateurs pour chaque service. Ils auraient pu se dire : “On a été démasqué, un buzz négatif va peut-être démarrer et détruire notre réputation”. Et bien non, ce que racontent les internautes, chez Viadeo : on s’en fout !

En complément :

Un billet sur Locita :

http://fr.locita.com/business/entreprises/les-manipulations-de-chiffres-de-viadeo/

Un autre mensonge  ? Voir le billet de Laurent Brouat :

http://www.laurentbrouat.com/viadeo-vs-linkedin-the-lie-with-european-figures/

Un article du Journal du Net :

Réseaux sociaux pro : Viadeo KO face à LinkedIn

Mise à jour du 10 janvier 2012

Envie de lire mon dernier billet sur Viadeo ? C’est ici : Viadeo, Rest In Peace ?

 

Amal BELKAMEL & Amine BENHAMZA (auteurs sur Digital Reputation Blog) ont réalisé un schéma très pédagogique pour comprendre l’évolution de l’Homo Numericus : sa naissance, son développement puis son épanouissement.

On pourrait presque faire un parallèle avec la pyramide de Maslow façon “les besoins de l’homme numérique” !

Voici donc un schéma simple et pertinent sur l’identité numérique :

L’évolution de l'Homo Numericus

Source : Digital Reputation Blog – “Homo Numericus : Je m’identifie, je diffuse et je gère ma réputation

Gilles Noblet est l’auteur d’un livre sur le Personal Branding dont j’ai déjà parlé sur ce blog “Développer sa marque  personnelle“. Il est également membre d’Authentys, société francophone du Personal Branding.

Il nous livre sa vision du Personal Branding dans cette vidéo :

« Pour être visible, pour faire rayonner votre marque personnelle, il faut savoir faire de vos compétences fortes, des compétences phares » Gilles Noblet

Voici les dates de mes prochaines formations et conférences :

- 8 juin 2010 à Montréal

Titre de la présentation : Réussir sa carrière grâce au Personal Branding

Conférence organisée par IdentityCampQuébec. Début de la conférence : 19h00 (jusqu’à 20h00). Lieu : Station C au 5369 St-Laurent, #430,  Montréal, Québec, H2T 1S5

Ouvert au public – Entrée et boisson gratuites – Pas d’inscription.

Voilà la vidéo de ma présentation :

- 15 juin 2010 à Paris

Aucune conférence mais l’occasion d’une rencontre IRL puisque je participe à la prochaine Soirée Connect, Spéciale Social Media – Social Engagement (organisée par Jean-François Ruiz) – Début à 19H30.

Pour vous inscrire…

- 17 & 18 juin 2010 à Paris

logo cegos

La Cegos, leader européen de la formation professionnelle, propose une formation de 2 jours sur le Personal Branding numérique.

Titre de la formation : Réseaux sociaux et Personal Branding : gérer votre réputation en ligne – Développer votre notoriété et celle de votre entreprise grâce au Web

Calendrier 2010 :

17-18 juin – PARIS – 1 170,00 € HT
14-15 oct. – PARIS – 1 170,00 € HT
18-19 nov. – PARIS – 1 170,00 € HT

Pour vous inscrire ou en savoir plus :

http://www.cegos.fr/formation-reseaux-sociaux-personal-branding-gerer-votre-repu/p-20107240-2010.htm

- 22 & 23 juin 2010 à Paris

Demos Dirigeants

Demos Dirigeants (une entité du groupe Demos) propose une formation au Personal Branding numérique :

Développer sa notoriété et gérer sa réputation sur Internet grâce au Personal Branding

Tous les détails de cette formation (programme, objectifs, durée, prix,…) sont disponibles sur cette brochure en PDF.

Prochaine session : 22 & 23 juin 2010 à Paris

Inscription : Mme Valérie DESTRIBATS au 01 44 94 20 68

Cette formation est destinée aux dirigeants et entrepreneurs.

- 30 juin & 1er juillet 2010 à Paris

Boostzone propose une formation :

Identité et réputation numériques dans les réseaux et médias sociaux

Tous les détails de cette formation (programme, objectifs, durée, prix,…) sont disponibles sur la brochure en PDF (Tournesol).

Prochaine session : 30 juin & 1er juillet 2010 à Paris

Inscription : Voir le bas de la brochure en pdf

Cette formation est destinée aux cadres dirigeants et responsables de la réflexion sur les réseaux sociaux internes, les transferts de connaissances, l’innovation, la formation, le management du capital humain ou la stratégie (au sein d’organisations privées ou publiques).

- 2 juillet 2010 à Paris

Sur un autre champ de mon expertise, Boostzone propose une formation :

Booster l’intelligence collective des équipes projet et des communautés – Savoir réfléchir ensemble à distance, en transverse et dans un contexte interculturel

Tous les détails de cette formation (programme, objectifs, durée, prix,…) sont disponibles sur la brochure en PDF (Versicolore).

Prochaine session : 2 juillet 2010 à Paris

Inscription : Voir le bas de la brochure en pdf

Cette formation est destinée aux :

- Cadres dirigeants

- Responsables au sein d’organisations privées ou publiques

- Chefs de projet, Animateurs de communauté

@ très bientôt… IRL ?

Lors du dernier WebCamp de Montréal le 26 mai 2010, il y a eu une longue discussion sur la question de la vie privée dans les réseaux sociaux. Je voudrais donc compléter mon précédent billet du 21 mai (Facebook m’a tuer…) dans lequel j’affirme que la protection de la vie privée est une responsabilité individuelle. Voici un extrait :

Internet est de facto un espace public dans lequel des sociétés tentent de créer des espaces privés. D’une certaine manière, c’est une démarche paradoxale parce que contraire à l’ADN du Web : espace de transparence radicale. Parce que “Facebook & Co” vont continuer à modifier leurs conditions générales d’utilisation régulièrement, parce que votre entourage peut dupliquer vos données privées à l’insu de votre plein gré, parce que votre compte peut être piraté, parce que les bugs informatiques existeront toujours, parce que Facebook & Co ont besoin de vos données privées pour rentabiliser leurs services dans des publicités ciblées, tout (ou presque) est ou peut devenir un jour public.

Inutile donc de vous attaquer à Facebook & Co, vous êtes le seul responsable de la protection de votre vie privée.

Avec ce petit texte, je viens de me faire beaucoup d’amis : tout ceux qui veulent que celui qui crée le problème, règle le problème. Mais, est-ce que c’est celui qui crée l’espace plus ou moins “privé” qui crée le problème ? Ou celui qui étale sa vie privée ? Est-ce que Facebook & Co ont une obligation de résultat (protéger notre vie privée) ou une obligation de moyens (faire le maximum pour obtenir ce résultat sans être tenu d’y parvenir). On ferait un grand pas en avant si Facebook disait : nous avons une obligation de moyens. Tout le monde ou presque répondrait alors : non, vous avez une obligation de résultat !

De mon côté, n’ayant pas confiance dans la capacité de Facebook à protéger ma vie privée, j’utilise le service avec prudence. Si je publie des éléments de ma vie privée, c’est uniquement parce que je suis prêt à ce que ça devienne public. On est dans la même logique que dans un restaurant quand votre voisin vous écoute discrètement. Vous le voyez et vous vous dites : je ne veux pas parler moins fort et je ne veux pas changer de table… je reste sur ma table parce que ce que je dis sur ma vie privée n’a pas d’importance. Cela n’impacte ni mon identité, ni ma réputation. Mais comme je sais que quelqu’un m’écoute, je ne donnerai pas de détails sur l’intimité de ma vie privée.

Sur Facebook & Co, le distinguo Vie privée / vie publique est tombé à l’eau. Lorsqu’on gère sa vie numérique, il est maintenant plus pertinent de se concentrer sur le distinguo vie privée / intimité de la vie privée.

Kesako l’intimité ? Très simple : quand je sors de chez moi pour aller acheter du pain, c’est ma vie privée (dans un espace public). Quand je suis sous la douche, dans mon canapé, dans mon lit, c’est l’intimité de ma vie privée (= ma vie privée dans un espace privé). Votre vie sur Facebook, c’est comme quand vous allez à la boulangerie (vie privée dans un espace public). Tout le monde peut vous voir et ça ne vous gêne pas. Alors, si ça ne vous gêne pas dans le monde physique, pourquoi ce serait gênant sur Internet ? Très simple… parce que vous dévoilez aussi des éléments de l’intimité de votre vie privée !

Vous voulez utiliser une voiture mais vous ne voulez pas avoir d’accident ? Ce n’est pas possible. Mais, il y a des voitures qui sont plus sûres que d’autres et en général le prix va avec.

Vous voulez utiliser un réseau social mais vous ne voulez pas dévoiler votre vie privée ? Ce n’est pas possible. Mais, il y a des réseaux sociaux qui protègent plus ou moins votre vie privée. Par exemple, plutôt que de mettre des photos de mes enfants sur Facebook, j’utilise un lien “privatif” sur Picasa. J’ai l’impression que je prends moins de risques mais je fais quand même attention que mes enfants ne soient pas tout nus. Je pourrais aussi ouvrir un espace sur Hellotipi. A vous de choisir le service qui correspond à votre besoin et si aucun n’est conforme … soyez patient ! … un nouveau service verra peut-être le jour. Il y a par exemple Diaspora qui est en cours de développement : www.joindiaspora.com et qui veut concurrencer Facebook sur le terrain de la vie privée. Good luck!

A la différence de l’e-mail ou du téléphone, rien n’est totalement ou durablement privé quand on utilise les réseaux sociaux.

Le bon sens numérique impose de considérer les contenus que l’on publie sur les réseaux sociaux comme publics… quels que soient les paramètres de “confidentialité”. Protéger sa vie privée sur Internet est une responsabilité individuelle et non celle de Facebook & Co puisqu’ils n’y arriveront pas.

Internet est de facto un espace public dans lequel des sociétés tentent de créer des espaces privés. D’une certaine manière, c’est une démarche paradoxale parce que contraire à l’ADN du Web : espace de transparence radicale. Parce que “Facebook & Co” vont continuer à modifier leurs conditions générales d’utilisation régulièrement, parce que votre entourage peut dupliquer vos données privées à l’insu de votre plein gré, parce que votre compte peut être piraté, parce que les bugs informatiques existeront toujours, parce que Facebook & Co ont besoin de vos données privées pour rentabiliser leurs services dans des publicités ciblées, tout (ou presque) est ou peut devenir un jour public.

Inutile donc de vous attaquer à Facebook & Co, vous êtes le seul responsable de la protection de votre vie privée (plus d’explications sur billet Facebook & Co… de la vie privée à l’intimité de la vie privée ?). Pour ceux qui doutent encore, je vous invite à lire et faire suivre cet article du journal 01.NET :

Licenciés pour avoir dénigré leur direction sur Facebook

Deux salariés passaient devant les prud’hommes après avoir été licenciés à la suite de propos tenus sur Facebook. Mais la justice n’a pas réussi à statuer sur leur cas.

Extrait : “…la direction d’Alten n’a pas eu accès aux propos de ses salariés en allant elle-même scruter Facebook, encore moins en piratant les comptes. Elle a été prévenue par un autre salarié qui, lui, avait accès de manière tout à fait légitime à la conversation de ses collègues.

Cela dit, je connais la réponse de ceux qui veulent continuer à jouer : “Demain, tout le monde aura sa photo à poil sur Facebook et donc ce ne sera plus un problème”. Demain, c’est dans 5 ans ou dans 100 ans ? Demain peut-être (ou peut-être pas) et en attendant demain… il y a aujourd’hui ! Et aujourd’hui, 2 personnes peuvent écrire sur la porte de leur chambre : Facebook m’a tuer… Et pour les autres ? Une petite fessée ? Voilà le mode d’emploi si votre entourage manque de bon sens numérique :

fessebouc

(Photo montage d’Olivier Bruel)

Mise à jour du 11 novembre 2010

Quelques articles complémentaires sur 01 Net

Trois mois de prison ferme pour avoir insulté des gendarmes sur Facebook

Votre employeur peut-il vous coincer sur Facebook ?

Extraits de cet article :

“Salarié ou pas, tout le monde bénéficie de la liberté d’expression. On ne pourra donc pas vous reprocher de dénigrer votre entreprise… du moment que cela reste dans les limites de la loi : pas d’injure publique, pas de diffamation, pas d’incitation à la haine et pas de discrimination. Eventuellement, pas de divulgation de secret professionnel.

Ce qui ne règle pas tout, loin de là. Il se peut très bien que votre employeur vous licencie pour quelque chose qu’il a lu sur votre page Facebook ou sur votre fil Twitter, mais qu’il ne vous le dise pas. « Les salariés doivent être très vigilants quand ils s’expriment sur leurs pages », admet Thibault Grouas, consultant au Forum des droits sur l’Internet (FDI).”

“Une entreprise n’a pas le droit de collecter ni de stocker des données sur la vie privée d’un candidat ou d’un salarié. Elle ne peut pas refuser d’embaucher quelqu’un sur la base de ses orientations politiques, sexuelles, religieuses ou philosophiques, y compris si elles ont été trouvées sur un profil de réseau social (autant d’informations que Facebook permet de renseigner et d’afficher). C’est interdit par le Code du travail. Seulement voilà : « En pratique, il sera très difficile (et onéreux) de prouver que tel ou tel recruteur a utilisé les réseaux sociaux pour disqualifier un candidat », note Ronan Hardouin.”

Mise à jour du 19 novembre 2010

Quelques articles complémentaires sur 01 Net :

Critiquer son patron sur Facebook est un motif de licenciement

Extraits de cet article :

“Deux des personnes licenciées ont décidé de porter l’affaire devant le tribunal des prud’hommes en mai dernier. Elles considèrent que les propos ont été tenus dans le cadre privé, puisqu’elles ont agi en dehors des heures de travail et en utilisant leur propre matériel (ordinateur et connexion personnels). De ce fait, les messages postés sur leur mur relèvent de la correspondance privée.

Ces arguments n’ont donc pas été retenus par le conseil des prud’hommes. « Cette décision entérine le fait qu’Internet est un espace public. Chaque salarié a le droit à la liberté d’expression, mais tant qu’il s’en tient à ne pas franchir la limite de l’injurieux ou du diffamant » explique Diane Mullenex, avocate.”

Voilà c’est dit : INTERNET EST UN ESPACE PUBLIC donc Facebook est un espace public et vous êtes SEUL responsable de la protection de votre vie privée.

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