Délinquance numérique

Les dirigeants de Viadeo coupables d’une fraude marketing ?

Posted in Délinquance numérique on July 22nd, 2010 by Olivier Zara – 17 Comments

Les dirigeants de Viadeo sont-ils coupables d’une fraude marketing ou victimes de l’incompétence de Techcrunch ?

Le 11 mai 2010, Techcrunch annonce “Viadeo passe la barre des 30 millions de membres“. Le lendemain, je publie un commentaire pour contester ce chiffre avec le secret espoir d’une réaction de Viadeo qui m’expliquerait que je n’ai rien compris. Mais depuis, silence radio ! J’ai dû mal à croire qu’ils ne font pas un suivi des commentaires sur un blog qui compte 91.000 lecteurs et qui est une référence mondiale dans le Web 2.0. Techcrunch revient à la charge aujourd’hui avec un billet sur la poussée de Linkedin en Europe. Il semble donc que Viadeo a réussi à faire gober à ses clients et aux blogueurs qu’on peut comparer ses 30 millions d’utilisateurs avec les 70 millions de Linkedin. Comme vous le savez, je ne tolère pas les impostures et encore moins les imposteurs, surtout en col blanc (cf. mon billet “Faire face aux délinquants numériques” où il est question d’un vol d’identité numérique et d’un plagiat qui tournent très mal pour l’auteur du vol).

Voici mon analyse que vous pourrez utilement contester ou confirmer dans les commentaires en attendant le droit de réponse de Viadeo, s’il vient un jour :

Viadeo a passé la barre des 30 millions d’utilisateurs en rachetant en octobre 2009 Unyk, une société canadienne de Montréal qui propose un carnet d’adresses intelligent (Source 01Net, article de Pierre Tran). En résumé, ça ressemble à votre carnet d’adresses sur Outlook mais en mieux ! En tout cas, rien à voir avec un réseau social qui vous permet une mise en relation par tiers de confiance comme sur Linkedin, Xing, Viadeo ou ecademy.

Au moment du rachat d’Unyk, Viadeo compte 8,5 millions de membres au niveau mondial et Unyk compte 16 millions d’utilisateurs (dont 800 000 en France). A l’époque, Viadeo se retrouve avec une base globale de 25 millions d’utilisateurs. Ce rachat me semble très pertinent puisque c’est un bon moyen de faire de la pub pour Viadeo auprès de 16 millions de membres. Les 2 services sont complémentaires mais très  différents : annuaire Vs mise en relation par tiers de confiance.

Viadeo a passé la barre des 30 millions d’utilisateurs mais Viadeo a en réalité 8,5 millions de membres qui se sont inscrits pour faire du networking et 16 millions de membres inscrits pour avoir un carnet d’adresses intelligent.

Sur Linkedin, je peux potentiellement me connecter à 70 millions de membres via des demandes de mise en relation (c’est quand même le but du service : les 6 degrés !).

Sur Viadeo, je peux me connecter potentiellement à 8,5 millions. A cela, il faut ajouter la croissance organique naturelle du service et les membres de Unyk qui vont rejoindre Viadeo ou l’ont déjà fait depuis octobre 2009 – combien ? On n’en sait rien et je crois qu’on ne le saura plus jamais. Il faut retirer ceux qui étaient déjà inscrits à la fois sur Viadeo et Unyk… C’est comme au Scrabble, parfois le “moi” compte double donc il faut éliminer un moi quel que soit l’émoi de Viadeo. Potentiellement, rien qu’en France, c’est 800.000 qui sont inscrites à la fois sur Viadeo et Unyk (j’en fais partie !).

Comparer les 70 millions de membres de Linkedin avec les 30 millions de membres de Viadeo, c’est de la part de Viadeo une publicité mensongère voire une fraude marketing. Plutôt que de “mélanger” une base marketing d’e-mails (Unyk) et des vrais utilisateurs (viadeo), les dirigeants de Viadeo feraient preuve d’éthique s’ils communiquaient le nombre réel d’inscrits dans leur base, c’est-à-dire ceux que je peux ajouter à mes contacts en direct ou via des demandes de mise en relation. Ce jour-là, on pourra comparer les bases utilisateurs Linkedin et Viadeo.

Dans l’absolu, Viadeo a bien 30 millions de clients. Mais, si on veut comparer Linkedin et Viadeo alors il faut comparer ce qui est comparable.

Il est possible que je n’ai rien compris et que finalement Viadeo soit une entreprise honnête qui ne cherche pas à tromper ses clients. Dans ce cas, il faut me donner des explications crédibles, factuelles. Et en attendant, qui ne dit mot consent.

En tant qu’utilisateur de Viadeo depuis sa création, je souhaite savoir si je suis client d’une société adepte de la fraude marketing. J’écris ce billet pour que ses dirigeants m’expliquent en quoi le contenu de mon billet est erroné. Je les invite à exercer leur droit de réponse dans les commentaires.

Ou alors… Techcrunch est entièrement responsable de cette comparaison mensongère et les dirigeants de Viadeo sont accusés injustement…

Mise à jour du 23 juillet 2010

Finalement, suite aux commentaires publics et messages privés que j’ai reçu, voilà la stratégie de communication de Viadeo. On achète 16 millions de membres à Unyk en octobre 2009. On prévoit à l’époque d’atteindre 25 millions de membres grâce à ce rachat. On laisse passer 6 mois histoire de se faire oublier. Et puis, on lance un communiqué de presse le 11 mai 2010 qui annonce 30 millions de membres. On mise sur l’oubli du rachat de Unyk que j’avais moi-même oublié mais que Techcrunch mentionne dans le billet du 11 mai. Sans ce billet de Techcrunch, j’aurai oublié comme tout le monde le rachat de Unyk ! Je suis bien désolé de mettre les dirigeants de Viadeo dans l’embarras. Mais, le manque d’éthique est un problème qui a conduit à la crise que nous connaissons aujourd’hui. Il faut croire que rien n’a changé. Par ailleurs, c’est aussi l’image de marque de la France et des dirigeants français qui en prend un coup.

A la réflexion, je ne pense pas que Viadeo exercera un droit de réponse sur ce blog et si un journaliste leur pose la question, il aura le droit à une “construction intellectuelle” du type :  “Viadeo n’a jamais comparé sa base utilisateurs avec celle de Linkedin. On affiche simplement le nombre total de nos utilisateurs sur nos sites. Si un blogueur ou un journaliste compare nos 30 millions de membres avec les 70 millions de Linkedin : ce n’est pas de notre fait. Cela ne nous regarde pas (… mais on est très content parce que c’est exactement ce qu’on veut)”. Fermez le ban ! On vit une époque formidable. Effectivement, Viadeo ne trompe pas ses clients explicitement. Ils les trompent implicitement. Il affiche de bonne foi le nombre de ses utilisateurs. Mais, l’entreprise sait très bien que dans l’esprit du public :

1. Viadeo et Linkedin sont en compétition directe

2. Le coeur de métier de Viadeo, son image de marque, son business est le networking et non les annuaires. Son business est lié au networking d’autant plus que Unyk est un service gratuit.

Comment ne pas créer implicitement la confusion dans l’esprit du public ? Le nouvel inscrit sur Viadeo qui vient pour faire du networking croit qu’il s’inscrit sur un service qui compte 30 millions d’utilisateurs alors que c’est faux.

Pour terminer et rebondir sur le commentaire d’Anthony, n’est-il pas exagéré de parler de “fraude” marketing ? Ne s’agit-il pas simplement d’une simple opération de communication trompeuse ? Est-ce que rajouter 16 millions d’utilisateurs à son compteur : c’est un petit, moyen, gros ou très gros mensonge ? Est-ce qu’on parle d’un mensonge sur des centaines, des milliers, des centaines de milliers ou plusieurs millions d’utilisateurs ? Et bien, tout comme dans une élection politique, un mensonge sur plusieurs millions de bulletins de vote, dans mon esprit c’est une “fraude” et en politique on parlerait d’une fraude massive !!! C’est ma perception devant les chiffres mais je comprends que d’autres personnes trouvent ce chiffre négligeable.

Mise à jour du 1er septembre 2010

Viadeo m’informe officiellement par e-mail qu’il refuse de répondre à ma question parce que j’ai publié cette question sur la place publique au lieu de leur écrire en privé. J’avoue qu’ils ont raison mais j’étais très énervé ce jour-là et j’ai eu le sentiment que j’aurai plus de chances d’être écouté de cette façon… et puis aujourd’hui quand un client n’est pas content, il le dit sur Twitter, Facebook, son blog,… j’ai réagi comme tout le monde finalement mais je pense que j’aurai effectivement dû d’abord communiquer en privé avec eux ! Je crois aussi me souvenir m’être dit un truc du genre : “Pourquoi perdre du temps avec un e-mail qui restera sans réponse ?”. Bon, c’est trop tard maintenant, on va pas refaire l’histoire. Voilà la question qui n’a toujours pas réponse :

Quand je suis inscrit sur Linkedin, je peux me connecter en direct ou via un tiers de confiance à 75 millions de personnes. Quand je suis sur Viadeo, je peux me connecter à …. ? 30 millions ? Sûrement pas puisque les 16 millions d’utilisateurs de Unyk ne se sont pas tous inscrits sur Viadeo et qu’il y avait des doublons surtout parmi les utilisateurs francophones.

La réponse à cette question est très importante parce que la masse critique est déterminante dans le choix d’un service. Plus il y a d’utilisateurs, plus le service est pertinent (capacité augmentée à trouver un bon contact, donc un emploi, un contrat,…). Si par exemple, Pierre Dupont, inscrit sur Viadeo, ne peut se connecter qu’à 5 millions d’utilisateurs, ça peut l’encourager à migrer vers Linkedin. Il y a des enjeux business énormes derrière cette question tant pour l’avenir du service que pour la valorisation financière du service.

Il est possible que l’analyse présentée dans ce billet soit totalement fausse … ou totalement vraie ! Gardez le silence, ça me renvoie à l’adage juridique : Qui ne dit mot consent. Un autre billet à suivre où je publierai soit leur réponse, soit leur “non réponse”. Et s’il est prouvé que mon analyse est erronée : je présenterai mes excuses. Si seulement, j’avais eu réponse à mon commentaire le 12 mai, on aurait évité un billet le 22 juillet… A quand une gestion efficace des clients pas contents dans les médias sociaux chez Viadeo ?

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210.000 vols d’identité chaque année en France

Posted in Bon sens numérique, Délinquance numérique, Facebook, Identité numérique on January 4th, 2010 by Olivier Zara – 1 Comment

Si vous pensez que le vol d’identité, cela n’arrive qu’aux autres (un peu comme les accidents de voiture !), je vous invite à lire ce texte publié par Reuters France :

210.000 vols d’identité chaque année en France

Quelques extraits :

“Ce phénomène coûterait plus de 1.500 euros à chaque victime et serait très mal pris en charge par les autorités”.

“Les usurpations d’identité seraient le plus souvent commises pour tromper les banques, obtenir des aides sociales, un permis de conduire ou la nationalité française”.

“Le Credoc estime que les conséquences du problème sont largement sous-estimées par les autorités”.

Le vol d’identité est un crime en pleine expansion en France. Il touche déjà des millions d’Américains et de Canadiens chaque année. Pour protéger votre identité personnelle, voici deux règles très simples :

  1. règle 1 : ne mettez pas votre adresse personnelle sur des profils publics. Quelqu’un pourrait ensuite vous rendre visite à votre domicile pour fouiller vos poubelles ou votre boîte aux lettres afin d’obtenir les informations qui lui manquent pour voler votre identité. Par contre, vous pouvez donner votre adresse dans le cadre de transactions privées et sécurisées, par exemple pour une livraison via un site de e-commerce (Amazon, Fnac.com) ;
  2. règle 2 : ne mettez pas votre date de naissance ou lieu de naissance sur Internet. Certains services permettent de masquer votre date de naissance sur votre profil public ou de définir qui peut y avoir accès. Mais, il existe toujours un risque de piratage des bases de données ou de votre identifiant/mot de passe. Certains services rendent obligatoire le champ « date de naissance » pour interdire l’accès aux mineurs ou pour permettre à vos amis de vous souhaiter un joyeux anniversaire. Mais en fait, votre date de naissance est surtout intéressante pour pouvoir vous envoyer des publicités ciblées en fonction de votre âge. Si le champ date de naissance est obligatoire, indiquez une date de naissance bidon type 1er janvier 1910 pour être sûr que vos amis comprennent que ce n’est pas votre anniversaire ! De toute façon, vos vrais amis connaissent votre vraie date de naissance.

Il est également préférable de ne pas mentionner vos seconds prénoms. Protéger votre identité personnelle sur Internet, c’est simplement faire preuve de bon sens… numérique !

En ce début d’année, je vous propose une séquence frisson :

http://www.118000.fr

et si affinités : http://www.123people.fr/

Et pour terminer, un message personnel à tous mes amis sur Facebook, Skype, Plaxo,… qui m’ont souhaité mon anniversaire le 1er janvier, le 1er juillet ou le 1er septembre : j’ai mis en œuvre mon propre conseil (règle 2) mais je suis prêt à enfreindre la règle 1 si vous souhaitez m’envoyer des cadeaux d’anniversaire toute l’année !! ;-)

Merci à mon ami Olivier Réaud, expert en dynamiques collaboratives, pour cette information Reuters

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Quand les cambrioleurs utilisent les réseaux sociaux… (2)

Posted in Bon sens numérique, Délinquance numérique, Facebook on August 31st, 2009 by Olivier Zara – 1 Comment

A lire sur http://www.01net.com/editorial/505575/quand-les-cambrioleurs-font-leur-marche-sur-facebook/

Extraits :

- Les utilisateurs de Facebook qui s’enthousiasment sur leurs vacances à venir ou exposent l’intérieur de leurs habitations doivent être conscients qu’ils risquent d’attirer l’attention de cambrioleurs potentiels.

- 38 % de ces internautes publient des informations sur leurs vacances à venir… associé au fait qu’une proportion alarmante d’utilisateurs sont prêts à devenir virtuellement “amis” avec des gens qu’ils ne connaissent pas vraiment.

- Il en résulte qu’un parfait inconnu peut potentiellement être informé des centres d’intérêt, de l’adresse et des projets de déplacements d’une personne.

Where is the bon sens numérique ?

;-)

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Faire face aux délinquants numériques

Posted in Délinquance numérique, Outils de surveillance, Personal Branding on July 30th, 2009 by Olivier Zara – 24 Comments

Pour vérifier qui utilise des noms de domaines avec votre prénom et votre nom (homonymes, délinquants, parasites) ou regarder les noms de domaine disponibles en vue de l’achat de votre domaine prénom-nom, je vous recommande Nombray :

www.nombray.com

Le service permet de créer un profil en ligne et d’acheter un nom de domaine qui pointe vers ce profil. Vous pouvez utiliser le service pour cela mais la valeur ajoutée du service est ailleurs.

Par rapport aux sites qui vendent des noms de domaine, Nombray vous permet de trouver des noms de domaine qui combinent votre prénom et votre nom séparément. Pour “Pierre Dupont” par exemple, il vous proposera : pierredupont.com , pierre-dupont.com, dupont-pierre.com, dupontpierre.com ou pdupont.com. Vous aurez des options sur .com  mais aussi sur .net, .name,…

C’est en testant le service que j’ai découvert qu’on avait volé mon identité sur Internet. J’ai acheté  www.olivier-zara.com et olivierzara.com mais Nombray m’a signalé l’achat de 4 noms de domaine par une autre personne (Fadhila Brahimi,  qui tient un blog sur le Personal Branding) :  zara-olivier.com, zaraolivier.com, zara-olivier.net et zaraolivier.net. Cliquez pour agrandir l’image qui correspond aux 4 copies d’écran pour les 4 noms de domaines achetés par elle :

Plusieurs services permettent de connaître le nom du propriétaire d’un nom de domaine comme par exemple http://whois.domaintools.com (mon préféré !).

Mais au-delà de la délinquance numérique, le service est intéressant vis-à-vis de vos homonymes.

Voici quelques conseils :

- Regardez quels sont les noms de domaine achetés par vos homonymes, Nombray vous proposera des alternatives intéressantes car il combine uniquement votre prénom et votre nom.

- Si vous avez beaucoup d’homonymes et que la plupart des noms de domaine intéressants sont pris, faites comme mon parasite, inverser le prénom et le nom : nom-prenom.com. Pour un moteur de recherche, nom-prenom.com ou prenom-nom.com c’est la même chose en termes de qualité de référencement.

- Si vous avez une certaine notoriété et que vous êtes à risque pour le vol d’identité, en particulier via vos compétiteurs, faites un contrôle de temps en temps. Contactez un huissier pour faire un constat si un margoulin fait le malin (elle était facile !).

Votre pseudo fait partie de votre identité. Il faut aussi contrôler qui utilise les mêmes pseudos que vous : s’agit-il d’un délinquant numérique ou d’un homonyme ? La réponse se trouve sur :

http://namechk.com

Tapez dans Namechk votre pseudo ou des variantes (prénomnom, prénom.nom, pnom,…).

En complément sur la délinquance numérique :

1. Le délinquant numérique qui a volé mon identité en achetant 4 noms de domaines avec mon prénom et mon nom a aussi volé l’identité de mon livre. Ce qui permet d’identifier un livre par rapport à un autre n’est pas son contenu mais son titre. Le délinquant a donc utilisé l’identité de mon livre pour publier du contenu sur youtube, slideshare, Lepost, Vodpod, Cozop… Voici quelques copies d’écran (cliquez sur l’image pour agrandir) :

SlideShare

Youtube

Référencement dans google Slideshare

Référencement dans google Youtube

L’objectif est simple. Lorsque l’on cherche mon livre “Réussir sa carrière grâce au Personal Branding” dans un moteur de recherche, cela redirige le trafic vers son site et son contenu. Parfois le titre est repris intégralement comme sur slideshare, parfois quelques mots sont rajoutés au milieu mais personne n’est dupe sur l’intention malveillante étant donné que tous les mots du titre sont indexés. Reprendre 100% des mots du titre de mon livre et en rajouter 2 ou 3 de plus est cependant une très bonne stratégie vis-à-vis de la loi puisqu’on s’écarte du plagiat. Il y a donc un vide juridique pour faire condamner ce genre de ruse. Après le vol de mon identité, le vol de l’identité de mon livre est une suite logique (j’ai fait constaté le vol par un huissier – chaque copie d’écran a été faite par un huissier, j’ai rajouté les flèches !).

2. Il y a plusieurs exemples de personnes dont le prénom et le nom ont été achetés par des compétiteurs dans Google Adwords. Vous tapez “Pierre Dupont” dans Google et vous voyez apparaître dans les liens commerciaux une publicité d’un concurrent de Pierre Dupont. Le parasite a simplement acheté le prénom et le nom de son compétiteur dans Google Adwords. L’avantage est que cela laisse moins de traces que l’achat d’un nom de domaine qui met sur la place publique le nom du margoulin et même son adresse. Un des membres fondateurs d’Authentys, société francophone du Personal Branding, en a été victime (C’est pas moi ! Il faut savoir partager les bonnes choses).

Pour ce genre de pratique, il y a déjà une jurisprudence et des condamnations pour parasitisme. Mais même sans jugement, il ne faut jamais oublier qu’Internet est un espace de transparence radicale qui peut très rapidement ruiner votre réputation en particulier quand vous truquez vos CVs. Les exemples de recruteurs ayant trouvé des informations contradictoires sur un candidat ne manquent pas.

En résumé, votre vie numérique, vos actions sur Internet se font sur la place publique. Votre profil Linkedin est sur la place publique, votre CV en ligne aussi, tout ce que vous écrivez sur Facebook est public puisqu’on peut copier coller le texte et les images pour les republier ailleurs. Alors si l’envie, la jalousie, la convoitise vous pousse vers le cybersquatting, le parasitisme, le vol d’identité ou de contenu (les cas sont si nombreux), il faut bien prendre conscience que tout ce que vous faites, vous le faites sur la place publique et que chacun est en mesure d’évaluer vos comportements sans avoir besoin de passer par la lecture d’un jugement du Tribunal.

Il est par ailleurs très important de comprendre que la diffamation consiste à divulguer des faits qui sont faux et qui portent atteinte à l’honneur et à la considération d’une personne. Dire que Bernard Madoff est un voleur, ce n’est pas de la diffamation puisqu’il y a des preuves. Dire que Fadhila Brahimi est une délinquante numérique, ce n’est pas de la diffamation puisqu’il y a des preuves que chacun peut consulter comme dans une bibliothèque publique. Le principe de responsabilité veut qu’on assume ses actions et qu’ensuite on en tire toutes les conséquences. L’inverse, c’est l’irresponsabilité.

Si vous avez d’autres services à suggérer ou des conseils à donner, c’est le moment de les partager dans les commentaires !

Mise à jour du 13 septembre 2009

Il y a eu beaucoup de commentaires sur ce billet et encore plus sur celui publié dans le blog de Brent que je vous invite à lire ! Je reprends ici le commentaire que j’ai publié le 9 septembre pour faire une synthèse des commentaires de ce billet.

Ce billet permet finalement d’illustrer l’importance de l’éthique … en particulier sur Internet. Ce n’était pas l’objectif initial de ce billet mais c’est finalement le plus important. La transparence radicale sur Internet signifie qu’on ne peut pas faire ses petites affaires discrètement. Quand vous truandez sur la place publique, tout le monde vous voit.

Éthique ? Où est la frontière entre ce qui est honnête et ce qui est malhonnête ? D’expérience, je sais que personne ne met cette frontière au même endroit pour des questions de personnalité et de culture. Les lois essayent aussi d’établir cette frontière qui, comme chacun sait, varie selon les pays.

Quand une personne qui s’intéresse au Personal Branding utilise mon prénom, mon nom et le titre de mon livre pour se faire connaître, créer la confusion dans l’esprit des gens entre son contenu et le mien, entre sa personne et la mienne, j’estime qu’elle a franchi la frontière. Mais, je comprends très bien qu’elle considère comme ceux qui la soutiennent que ce vol est insignifiant, normal, pas si grave, premier arrivé premier servi, “on va pas en faire un plat”,…

Personne n’a raison ou tort dans l’absolu puisque chacun est libre est de mettre la frontière où il veut : c’est sa liberté, c’est sa propre éthique. Avec ce billet, j’ai eu la possibilité de rendre publique ma propre frontière. Peu m’importe ceux qui font le même choix que moi et ceux qui en font un autre : c’est mon choix, c’est mon éthique. Il se trouve que les lois françaises sont alignées sur mon éthique mais dans d’autres pays, cela pourrait ne pas être le cas. Au Canada, la liberté d’expression est un droit. En Corée du Nord, c’est un crime !

Mon éthique est liée à ma personnalité, à mes valeurs donc à ma culture. En fait, si on met de côté la dimension juridique de ce billet, je suis dans un profond conflit de valeurs avec cette personne (problème d’interculturalité). Or, pour ceux qui ont lu mon livre sur le management de l’intelligence collective, vous savez qu’il est possible de sortir d’un conflit d’idées (avec des arguments, des idées, une discussion) mais on ne sort jamais d’un conflit de valeurs (car personne n’est prêt à changer de culture !).

J’attends avec impatience de pouvoir supprimer son nom et les copies d’écran de mon billet. Ce sera possible dès qu’elle aura rendu les 4 noms de domaine au public pour que mes homonymes puissent les acheter et dès qu’elle cessera d’utiliser le titre de mon livre pour référencer son contenu sous forme de plagiat ou en utilisant 100% des mots du titre.

Mise à jour du 22 juillet 2010

Un excellent billet de Jérôme Bondu, un expert connu et reconnu en intelligence économique et réputation numérique, qui présente cette affaire sous la forme d’une étude de cas sur le vol d’identité numérique. Il pose implicitement cette question : comment peut-on se prétendre expert en identité numérique quand on vole l’identité numérique d’une autre personne ? Comment peut-on donner des leçons en réputation numérique quand on n’est pas capable de gérer sa propre réputation ? Un an après le début de cette affaire, je trouve finalement cette histoire à la fois drôle et pathétique.

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