AXA France lance le « Guide du Bon Sens Numérique », un projet initié avec ses 15 000 collaborateurs sur le bon usage des médias et des réseaux sociaux. Durant 10 semaines, ils ont partagé leurs témoignages et expériences sur une plateforme collaborative accessible en ligne et ont ainsi participé à l’écriture de 20 conseils indispensables pour prévenir les risques numériques.

Voici la couverture du guide :

Initialement destiné aux collaborateurs d’AXA France en version papier, il a finalement été mis à disposition du public gratuitement sur le site de l’association AXA Prévention : Lire la suite »»»

axa

A plusieurs reprises sur ce blog, j’ai expliqué ce que je pensais des “chartes médias sociaux” (Social Media Guidelines). Dans beaucoup d’entreprises, un document est rédigé par une entité et il tombe du haut vers le bas de la pyramide.

Le résultat ? On se donne bonne conscience (“c’est fait !”) et surtout on se couvre avec un document qui sera intégré ultérieurement dans le règlement intérieur de l’entreprise afin de sanctionner les salariés s’ils manquent de bon sens numérique.
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Vous invitez une DRH comme “amie” sur Facebook (ou êtes invité par une DRH) et après l’entretien de recrutement…

;-)

La question centrale est : qui a invité qui ? Si c’est la DRH qui a invité la candidate (ce qui semble être le cas) alors je trouve que c’est une intrusion dans sa vie privée même si c’est transparent et que la candidate n’était pas obligée d’accepter. On imagine bien que cette DRH cherche à en savoir plus sur sa vie (en particulier sa vie privée). Cela ne me semble pas déontologique, une atteinte au respect de la vie privée. A quelques jours d’un entretien de recrutement, est-ce que vous pouvez refuser une invitation d’une DRH ? Est-ce que l’entretien va aussi bien se passer si je refuse l’invitation ? Si je refuse, cela veut dire que j’ai quelque chose à cacher ? Il y a une pression qui s’exerce sur la candidate et qui lui laisse peu de choix quant à sa liberté d’accepter ou de refuser l’invitation.

Si c’est la candidate qui invite la DRH et qu’elle utilise Facebook pour sa vie privée, elle manque de bon sens numérique.

Il nous manque un peu de contexte pour évaluer les responsabilités. Et en attendant, osons rigoler !

Source : http://publigeekaire.com/2010/10/les-dangers-des-reseaux-sociaux/ – Je vous conseille de regarder sur ce billet un reportage très intéressant de Canal+

Merci à Marie pour cette trouvaille !

rww

Sur ce billet très intéressant Facebook adopte le modèle d’influence de Twitter publié par RWW, je trouve ce commentaire de Fabrice Epelboin (responsable de ce blog) :

“Franchement, vou­loir avoir un tant soit peu de vie pri­vée sur Facebook de nos jours, c’est tout sim­ple­ment idiot. Ce n’est pas fait pour cela, et cela le sera de moins en moins. Si cela cor­res­pond encore à votre usage de cette pla­te­forme, il est temps d’en chan­ger et d’adapter l’usage que vous en faites, le plus tôt sera le mieux, car le risque c’est tout de même de se retrou­ver en slip au milieu de la foule du jour au lendemain.”

Je n’aurai pas su dire les choses plus simplement ! Merci Fabrice, une courte citation plein de bon sens… numérique ;-)

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

Mise à jour du 26 septembre 2010

Un article sur 01NET :
http://www.01net.com/editorial/521254/licenciees-pour-des-propos-injurieux-sur-facebook/

Licenciées pour des propos injurieux sur Facebook
Trois salariées de SOS Femmes ont été licenciées pour faute lourde à cause d’une conversation sur leurs conditions de travail sur le réseau social. Elles ont saisi les prudhommes.

Ces 3 salariées “ne savent pas comment leur employeur a été mis au courant et, surtout, elles invoquent le caractère privé de ces échanges.”

Des échanges privés sur Facebook ? Intéressant ! ;-)

Mise à jour du 10 novembre 2010

Une contribution de Frédéric Cavazza dans un de ses billets confirme ce qui précède. Voici quelques extraits :

“Le modèle économique de Facebook repose sur l’exploitation des données personnelles (ils appellent ça le graphe social pour ne choquer personne).”

“Les données personnelles sont le trésor de guerre des plateformes sociales, si ces dernières sont gratuites, il y a une contre-partie :  l’exploitation de vos données personnelles. Et alors ?”

“Facebook a BESOIN d’exploiter les données personnelles de ses membres pour pouvoir financer son activité et sa croissance. Et il en est de même pour l’ensemble des plateformes sociales gratuites. Encore une fois, je ne condamne pas ces pratiques, mais je trouve que l’attitude de Facebook est bien trop ambiguë à mon gout : l’exploitation des données personnelles n’est pas une faille de sécurité, c’est un modèle économique. Conclusion : Éduquer les internautes sur les dangers de l’exposition des données personnelles en ligne (mais également les bénéfices) devrait être une priorité pour les acteurs du web social, ou au moins un pré-requis.”

Un article très intéressant sur Slate où il est question de Social Media Guidelines :

http://www.slate.fr/lien/27103/reseaux-sociaux-entreprises-consignes-salaries

Voilà le début de l’article qui me rappelle l’affaire de Virgin Atlantic cité dans la conclusion de mon livre (13 hôtesses de l’air licenciées pour avoir critiqué des passagers de la compagnie sur Facebook) :

“La semaine dernière, Singapore Airlines demandait à ses employés de ne plus évoquer leur travail sur les réseaux sociaux en ligne. La compagnie aérienne a pris cette décision après avoir découvert que plusieurs de ses membres d’équipage discutaient de sujets confidentiels en rapport avec leur travail sur Facebook, critiquant des passagers, leurs patrons ou leurs collègues. [...]“.

De mon côté, je ne crois pas aux Social Media Guidelines… en tout cas, pas comme unique moyen d’obtenir un résultat dans la durée. Par ailleurs, on peut voir les salariés comme un danger (réputationnel) ou comme une opportunité (promotionnelle). Je viens de publier un billet sur le blog de Boostzone pour expliquer cette idée :

Quelles sont les interactions entre Personal Branding et Corporate Branding ?

Les “Social Media Guidelines”, c’est un peu comme les chartes qui n’engagent que ceux qui les ont écrites. Il me semble plus pertinent d’éduquer au bon sens numérique ! Donner du sens, accompagner, expliquer, éduquer… est une bonne façon d’obtenir un changement de comportement rapide et réel. Sinon, c’est un peu comme le conducteur qui voit un accident. Il ralentit pendant quelques kilomètres et puis ensuite reprend ses habitudes.

Alors, répression (règlement) ou éducation (au bon sens numérique) ou les deux ?

Merci à Cécile Demailly, fellow de Boostzone, pour m’avoir conduit vers cet article.

A la différence de l’e-mail ou du téléphone, rien n’est totalement ou durablement privé quand on utilise les réseaux sociaux.

Le bon sens numérique impose de considérer les contenus que l’on publie sur les réseaux sociaux comme publics… quels que soient les paramètres de “confidentialité”. Protéger sa vie privée sur Internet est une responsabilité individuelle et non celle de Facebook & Co puisqu’ils n’y arriveront pas.

Internet est de facto un espace public dans lequel des sociétés tentent de créer des espaces privés. D’une certaine manière, c’est une démarche paradoxale parce que contraire à l’ADN du Web : espace de transparence radicale. Parce que “Facebook & Co” vont continuer à modifier leurs conditions générales d’utilisation régulièrement, parce que votre entourage peut dupliquer vos données privées à l’insu de votre plein gré, parce que votre compte peut être piraté, parce que les bugs informatiques existeront toujours, parce que Facebook & Co ont besoin de vos données privées pour rentabiliser leurs services dans des publicités ciblées, tout (ou presque) est ou peut devenir un jour public.

Inutile donc de vous attaquer à Facebook & Co, vous êtes le seul responsable de la protection de votre vie privée (plus d’explications sur billet Facebook & Co… de la vie privée à l’intimité de la vie privée ?). Pour ceux qui doutent encore, je vous invite à lire et faire suivre cet article du journal 01.NET :

Licenciés pour avoir dénigré leur direction sur Facebook

Deux salariés passaient devant les prud’hommes après avoir été licenciés à la suite de propos tenus sur Facebook. Mais la justice n’a pas réussi à statuer sur leur cas.

Extrait : “…la direction d’Alten n’a pas eu accès aux propos de ses salariés en allant elle-même scruter Facebook, encore moins en piratant les comptes. Elle a été prévenue par un autre salarié qui, lui, avait accès de manière tout à fait légitime à la conversation de ses collègues.

Cela dit, je connais la réponse de ceux qui veulent continuer à jouer : “Demain, tout le monde aura sa photo à poil sur Facebook et donc ce ne sera plus un problème”. Demain, c’est dans 5 ans ou dans 100 ans ? Demain peut-être (ou peut-être pas) et en attendant demain… il y a aujourd’hui ! Et aujourd’hui, 2 personnes peuvent écrire sur la porte de leur chambre : Facebook m’a tuer… Et pour les autres ? Une petite fessée ? Voilà le mode d’emploi si votre entourage manque de bon sens numérique :

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(Photo montage d’Olivier Bruel)

Mise à jour du 11 novembre 2010

Quelques articles complémentaires sur 01 Net

Trois mois de prison ferme pour avoir insulté des gendarmes sur Facebook

Votre employeur peut-il vous coincer sur Facebook ?

Extraits de cet article :

“Salarié ou pas, tout le monde bénéficie de la liberté d’expression. On ne pourra donc pas vous reprocher de dénigrer votre entreprise… du moment que cela reste dans les limites de la loi : pas d’injure publique, pas de diffamation, pas d’incitation à la haine et pas de discrimination. Eventuellement, pas de divulgation de secret professionnel.

Ce qui ne règle pas tout, loin de là. Il se peut très bien que votre employeur vous licencie pour quelque chose qu’il a lu sur votre page Facebook ou sur votre fil Twitter, mais qu’il ne vous le dise pas. « Les salariés doivent être très vigilants quand ils s’expriment sur leurs pages », admet Thibault Grouas, consultant au Forum des droits sur l’Internet (FDI).”

“Une entreprise n’a pas le droit de collecter ni de stocker des données sur la vie privée d’un candidat ou d’un salarié. Elle ne peut pas refuser d’embaucher quelqu’un sur la base de ses orientations politiques, sexuelles, religieuses ou philosophiques, y compris si elles ont été trouvées sur un profil de réseau social (autant d’informations que Facebook permet de renseigner et d’afficher). C’est interdit par le Code du travail. Seulement voilà : « En pratique, il sera très difficile (et onéreux) de prouver que tel ou tel recruteur a utilisé les réseaux sociaux pour disqualifier un candidat », note Ronan Hardouin.”

Mise à jour du 19 novembre 2010

Quelques articles complémentaires sur 01 Net :

Critiquer son patron sur Facebook est un motif de licenciement

Extraits de cet article :

“Deux des personnes licenciées ont décidé de porter l’affaire devant le tribunal des prud’hommes en mai dernier. Elles considèrent que les propos ont été tenus dans le cadre privé, puisqu’elles ont agi en dehors des heures de travail et en utilisant leur propre matériel (ordinateur et connexion personnels). De ce fait, les messages postés sur leur mur relèvent de la correspondance privée.

Ces arguments n’ont donc pas été retenus par le conseil des prud’hommes. « Cette décision entérine le fait qu’Internet est un espace public. Chaque salarié a le droit à la liberté d’expression, mais tant qu’il s’en tient à ne pas franchir la limite de l’injurieux ou du diffamant » explique Diane Mullenex, avocate.”

Voilà c’est dit : INTERNET EST UN ESPACE PUBLIC donc Facebook est un espace public et vous êtes SEUL responsable de la protection de votre vie privée.

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