Faire face aux délinquants numériques

Pour vérifier qui utilise des noms de domaines avec votre prénom et votre nom (homonymes, délinquants, parasites) ou regarder les noms de domaine disponibles en vue de l’achat de votre domaine prénom-nom, je vous recommande Nombray :

www.nombray.com

Le service permet de créer un profil en ligne et d’acheter un nom de domaine qui pointe vers ce profil. Vous pouvez utiliser le service pour cela mais la valeur ajoutée du service est ailleurs.

Par rapport aux sites qui vendent des noms de domaine, Nombray vous permet de trouver des noms de domaine qui combinent votre prénom et votre nom séparément. Pour “Pierre Dupont” par exemple, il vous proposera : pierredupont.com , pierre-dupont.com, dupont-pierre.com, dupontpierre.com ou pdupont.com. Vous aurez des options sur .com  mais aussi sur .net, .name,…

C’est en testant le service que j’ai découvert qu’on avait volé mon identité sur Internet. J’ai acheté  www.olivier-zara.com et olivierzara.com mais Nombray m’a signalé l’achat de 4 noms de domaine par une autre personne :  zara-olivier.com, zaraolivier.com, zara-olivier.net et zaraolivier.net. Cliquez pour agrandir l’image qui correspond aux 4 copies d’écran pour les 4 noms de domaines achetés par elle :

Plusieurs services permettent de connaître le nom du propriétaire d’un nom de domaine comme par exemple http://whois.domaintools.com (mon préféré !).

Mais au-delà de la délinquance numérique, le service est intéressant vis-à-vis de vos homonymes.

Voici quelques conseils :

– Regardez quels sont les noms de domaine achetés par vos homonymes, Nombray vous proposera des alternatives intéressantes car il combine uniquement votre prénom et votre nom.

– Si vous avez beaucoup d’homonymes et que la plupart des noms de domaine intéressants sont pris, faites comme mon parasite, inverser le prénom et le nom : nom-prenom.com. Pour un moteur de recherche, nom-prenom.com ou prenom-nom.com c’est la même chose en termes de qualité de référencement.

– Si vous avez une certaine notoriété et que vous êtes à risque pour le vol d’identité, en particulier via vos compétiteurs, faites un contrôle de temps en temps. Contactez un huissier pour faire un constat si un margoulin fait le malin (elle était facile !).

Votre pseudo fait partie de votre identité. Il faut aussi contrôler qui utilise les mêmes pseudos que vous : s’agit-il d’un délinquant numérique ou d’un homonyme ? La réponse se trouve sur :

http://namechk.com

Tapez dans Namechk votre pseudo ou des variantes (prénomnom, prénom.nom, pnom,…).

En complément sur la délinquance numérique :

1. Le délinquant numérique qui a volé mon identité en achetant 4 noms de domaines avec mon prénom et mon nom a aussi volé l’identité de mon livre. Ce qui permet d’identifier un livre par rapport à un autre n’est pas son contenu mais son titre. Le délinquant a donc utilisé l’identité de mon livre pour publier du contenu sur youtube, slideshare, Lepost, Vodpod, Cozop… Voici quelques copies d’écran (cliquez sur l’image pour agrandir) :

SlideShare

Youtube

Référencement dans google Slideshare

Référencement dans google Youtube

L’objectif est simple. Lorsque l’on cherche mon livre “Réussir sa carrière grâce au Personal Branding” dans un moteur de recherche, cela redirige le trafic vers son site et son contenu. Parfois le titre est repris intégralement comme sur slideshare, parfois quelques mots sont rajoutés au milieu mais personne n’est dupe sur l’intention malveillante étant donné que tous les mots du titre sont indexés. Reprendre 100% des mots du titre de mon livre et en rajouter 2 ou 3 de plus est cependant une très bonne stratégie vis-à-vis de la loi puisqu’on s’écarte du plagiat. Il y a donc un vide juridique pour faire condamner ce genre de ruse. Après le vol de mon identité, le vol de l’identité de mon livre est une suite logique (j’ai fait constaté le vol par un huissier – chaque copie d’écran a été faite par un huissier, j’ai rajouté les flèches !).

2. Il y a plusieurs exemples de personnes dont le prénom et le nom ont été achetés par des compétiteurs dans Google Adwords. Vous tapez “Pierre Dupont” dans Google et vous voyez apparaître dans les liens commerciaux une publicité d’un concurrent de Pierre Dupont. Le parasite a simplement acheté le prénom et le nom de son compétiteur dans Google Adwords. L’avantage est que cela laisse moins de traces que l’achat d’un nom de domaine qui met sur la place publique le nom du margoulin et même son adresse. Un des membres fondateurs d’Authentys, société francophone du Personal Branding, en a été victime (C’est pas moi ! Il faut savoir partager les bonnes choses).

Pour ce genre de pratique, il y a déjà une jurisprudence et des condamnations pour parasitisme. Mais même sans jugement, il ne faut jamais oublier qu’Internet est un espace de transparence radicale qui peut très rapidement ruiner votre réputation en particulier quand vous truquez vos CVs. Les exemples de recruteurs ayant trouvé des informations contradictoires sur un candidat ne manquent pas.

En résumé, votre vie numérique, vos actions sur Internet se font sur la place publique. Votre profil Linkedin est sur la place publique, votre CV en ligne aussi, tout ce que vous écrivez sur Facebook est public puisqu’on peut copier coller le texte et les images pour les republier ailleurs. Alors si l’envie, la jalousie, la convoitise vous pousse vers le cybersquatting, le parasitisme, le vol d’identité ou de contenu (les cas sont si nombreux), il faut bien prendre conscience que tout ce que vous faites, vous le faites sur la place publique et que chacun est en mesure d’évaluer vos comportements sans avoir besoin de passer par la lecture d’un jugement du Tribunal.

Il est par ailleurs très important de comprendre que la diffamation consiste à divulguer des faits qui sont faux et qui portent atteinte à l’honneur et à la considération d’une personne. Le principe de responsabilité veut qu’on assume ses actions et qu’ensuite on en tire toutes les conséquences. L’inverse, c’est l’irresponsabilité.

Si vous avez d’autres services à suggérer ou des conseils à donner, c’est le moment de les partager dans les commentaires !

Mise à jour du 13 septembre 2009

Il y a eu beaucoup de commentaires sur ce billet et encore plus sur celui publié dans le blog de Brent que je vous invite à lire ! Je reprends ici le commentaire que j’ai publié le 9 septembre pour faire une synthèse des commentaires de ce billet.

Ce billet permet finalement d’illustrer l’importance de l’éthique … en particulier sur Internet. Ce n’était pas l’objectif initial de ce billet mais c’est finalement le plus important. La transparence radicale sur Internet signifie qu’on ne peut pas faire ses petites affaires discrètement. Quand vous truandez sur la place publique, tout le monde vous voit.

Éthique ? Où est la frontière entre ce qui est honnête et ce qui est malhonnête ? D’expérience, je sais que personne ne met cette frontière au même endroit pour des questions de personnalité et de culture. Les lois essayent aussi d’établir cette frontière qui, comme chacun sait, varie selon les pays.

Quand une personne qui s’intéresse au Personal Branding utilise mon prénom, mon nom et le titre de mon livre pour se faire connaître, créer la confusion dans l’esprit des gens entre son contenu et le mien, entre sa personne et la mienne, j’estime qu’elle a franchi la frontière. Mais, je comprends très bien qu’elle considère comme ceux qui la soutiennent que ce vol est insignifiant, normal, pas si grave, premier arrivé premier servi, “on va pas en faire un plat”,…

Personne n’a raison ou tort dans l’absolu puisque chacun est libre est de mettre la frontière où il veut : c’est sa liberté, c’est sa propre éthique. Avec ce billet, j’ai eu la possibilité de rendre publique ma propre frontière. Peu m’importe ceux qui font le même choix que moi et ceux qui en font un autre : c’est mon choix, c’est mon éthique. Il se trouve que les lois françaises sont alignées sur mon éthique mais dans d’autres pays, cela pourrait ne pas être le cas. Au Canada, la liberté d’expression est un droit. En Corée du Nord, c’est un crime !

Mon éthique est liée à ma personnalité, à mes valeurs donc à ma culture. En fait, si on met de côté la dimension juridique de ce billet, je suis dans un profond conflit de valeurs avec cette personne (problème d’interculturalité). Or, pour ceux qui ont lu mon livre sur le management de l’intelligence collective, vous savez qu’il est possible de sortir d’un conflit d’idées (avec des arguments, des idées, une discussion) mais on ne sort jamais d’un conflit de valeurs (car personne n’est prêt à changer de culture !).

J’attends avec impatience de pouvoir supprimer son nom et les copies d’écran de mon billet. Ce sera possible dès qu’elle aura rendu les 4 noms de domaine au public pour que mes homonymes puissent les acheter et dès qu’elle cessera d’utiliser le titre de mon livre pour référencer son contenu sous forme de plagiat ou en utilisant 100% des mots du titre.

Mise à jour du 22 juillet 2010

Un excellent billet de Jérôme Bondu, un expert connu et reconnu en intelligence économique et réputation numérique, qui présente cette affaire sous la forme d’une étude de cas sur le vol d’identité numérique. Il pose implicitement cette question : comment peut-on se prétendre expert en identité numérique quand on vole l’identité numérique d’une autre personne ? Comment peut-on donner des leçons en réputation numérique quand on n’est pas capable de gérer sa propre réputation ? Un an après le début de cette affaire, je trouve finalement cette histoire à la fois drôle et pathétique.

Et on continue sur le même registre avec Viadeo qui se rajoute 16 millions d’utilisateurs fictifs à une base de 8,5 millions. La suite sur ce billet…